Laboratoire de Chimie de Coordination UPR 8241


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1- Open Access Initiative - Mouvement du Libre Accès

"Par « accès libre », nous entendons sa mise à disposition gratuite sur l’Internet public, permettant à tout un chacun de lire, télécharger, copier, transmettre, imprimer, chercher ou faire un lien vers le texte intégral de ces articles, les disséquer pour les indexer, s’en servir de données pour un logiciel, ou s’en servir à toute autre fin légale, sans barrière financière, légale ou technique autre que celles indissociables de l’accès et l’utilisation d’Internet. La seule contrainte sur la reproduction et la distribution, et le seul rôle du copyright dans ce domaine devrait être de garantir aux auteurs un contrôle sur l’intégrité de leurs travaux et le droit à être correctement reconnus et cités." (Initiative de Budapest pour l’Accès Ouvert)


1.1- Causes :

Les éléments qui peuvent expliquer l’apparition des concepts d’archive ouverte et de libre accès sont :

  • la hausse du prix des abonnements due à la position prédominante de certains éditeurs qui, suite à des mouvements de concentration, se sont retrouvés en position de quasi-monopole
  • le développement et la démocratisation de l’outil Internet
  • la prise de conscience progressive par les scientifiques de l’impact que peut avoir une publication diffusée via ce média.

1.2- Débuts :

- 1991 : arXiv : première archive, dans le domaine de la physique.
- 1999 : Convention de Santa Fe : grandes lignes de ce qui doit devenir une norme technique destinée à assurer une interopérabilité de base entre les différentes archives se développant dans le monde.
- 2001 : Initiative de Budapest : appel qui définit deux stratégies complémentaires qui, appliquées systématiquement par les chercheurs, doivent permettre un libre accès de tous aux résultats de la recherche. Ces deux stratégies sont :

  • La publication en revues à libre accès (voie dorée)
  • L’auto-archivage des articles comme pré ou post-print (voie verte)

- janvier 2001 : pétition dite de la Plos : les éditeurs de revues scientifiques sont sollicités par des chercheurs afin que les textes parus dans les revues soient offerts en libre accès dans des dépôts, six mois après leur publication. Pour donner plus de poids à leur demande, les signataires s’engagent à boycotter les revues qui ne donneraient pas suite à leur sollicitation.
- juillet 2001 : OAI-PMH : protocole informatique qui permet de mettre en relation les différents dépôts mondiaux. (OAI PMH = Open Archives Initiative Protocol for Metadata Harvesting).
- 2003 : Appel de Berlin : nouvel appel international pour la constitution et la diffusion d’archives ouvertes. Cet appel est cette fois signé par les représentants d’institutions telles que le CNRS, l’Institut Max Planck, l’INSERM, l’Institut Pasteur.
- 2005 : déclaration dite de Berlin III : invite les institutions signataires de Berlin I à prendre des positions fortes (exiger de leurs chercheurs qu’ils déposent leurs travaux en archives ouvertes ; encourager ces mêmes chercheurs à publier de préférence dans des revues en libre accès). Berlin III rencontrera en France l’adhésion du CNRS, de l’INSERM, du CERN et de l’INRIA.
- 2006 : le CNRS, l’INRA, l’INSERM, l’INRIA et la Conférence des Présidents d’Université lancent une phase préparatoire à un portail commun basé sur HAL et géré par le CCSD (Centre pour la Communication Directe).


2- Les 2 stratégies

L’Initiative de Budapest pour l’Accès Ouvert recommande deux stratégies complémentaires :

2.1-Publication dans des revues alternatives engagées dans le Libre Accès :

Ces Revues doivent offrir un accès libre, ne pas facturer l’abonnement ou l’accès, et se tourner vers d’autres méthodes pour couvrir leurs frais. L’idée est de faire supporter les frais de publication aux auteurs ou à leurs institutions. On parle de modèle "auteur-payeur" ou "modèle hybride".
Les critères de choix sont les mêmes que pour une revue commerciale : couverture thématique, diffusion, délais de parution, facteur d’impact, …
Le Web of Science et Scopus intègrent ces revues en libre-accès. Certaines de ces revues ont un facteur d’impact et d’autres avantages comme l’augmentation des citations, un meilleur indice d’immédiateté (le libre-accès optionnel et facturé chez l’éditeur, a pour effet la diffusion en libre-accès immédiate de l’article depuis le site de la revue).
Voir : liste des revues en libre accès
Voir : modèle auteur-payeur chez certains éditeurs :

2.2- L’auto-archivage :

Les auteurs mettent à disposition sur internet leurs travaux, dans la version autorisée par l’éditeur ou le commanditaire.
L’auto-archivage ne nécessite pas de payer l’éditeur de la revue. L’article sera diffusable sur internet aux conditions accordées par l’éditeur : diffusion de la version auteur ou éditeur de l’article, diffusion immédiate ou soumise à embargo, diffusion par certains canaux : archive ouverte, page personnelle.
Le site SHERPA/RoMEO Publishers’ Copyright Listings détaille les politiques des éditeurs face à l’auto-archivage.


3- HAL, promotion d’un auto-archivage institutionnel et pérenne

HAL présente une plateforme unique pluridisciplinaire. Il peut cependant mettre en place des points d’entrée spécifiques à la demande de chaque communauté scientifique comme c’est le cas pour le nouveau portail HAL-UPS.
Dans ce portail, l’institution fait apparaître dans un environnement graphique propre, la liste de ses publications mise à jour automatiquement.
Voir : comment déposer dans HAL-UPS

Le dépôt sur une archive ouverte d’un document scientifique permet d’en augmenter l’accessibilité et la visibilité.
Il obéit toutefois à un certain nombre de règles :

3.1- Dépôt :

  • Il convient de s’assurer que le ou les auteurs approuvent le dépôt de leur travail sur l’archive ouverte et ses conséquences ; leur responsabilité scientifique est en effet engagée vis-à-vis de la communauté internationale.
  • Il convient de s’assurer que le document peut bien être rendu public. S’il est confidentiel (brevet en attente, clause de confidentialité dans contrat de recherche, etc.), il ne doit évidemment pas être envoyé à Hal.
  • Il est nécessaire de déposer des « fichiers auteur », c’est-à-dire des fichiers produits par l’auteur ou son laboratoire. Pour respecter la loi, les fichiers produits par les éditeurs commerciaux ne peuvent être chargés sur Hal uniquement si l’autorisation de l’éditeur a été obtenue explicitement.
  • De nombreuses revues scientifiques admettent le dépôt de « fichiers auteur » par leurs auteurs sur des archives ouvertes, avant ou après publication, dans le cadre d’une diffusion purement scientifique et non commerciale. Certaines revues s’y opposent toutefois, souvent en exigeant un délai minimal entre la publication et la mise en ligne du document source (=embargo) ; un dépôt différé avec délai réglable est possible sur Hal pour suivre cette règle. Il est également possible de déposer une notice de publication sans plein texte. Il est cependant demandé aux auteurs de faire un usage limité de ces restrictions ; mieux vaut choisir un journal ou un éditeur qui ne s’oppose pas à la mise en ligne instantanée.
    La variété des situations est telle que seuls les auteurs sont à même de décider les modalités de communication scientifique de leur travail. Les revues scientifiques et éditeurs commerciaux ne disposent que des droits que les auteurs leur ont cédés explicitement par contrat écrit. En l’absence de document signé, les auteurs restent libres de déposer leurs fichiers source sur Hal. C’est également le cas s’ils n’ont pas cédé leurs droits de reproduction numérique. Les auteurs sont donc invités à ne céder que les droits qui sont strictement nécessaires, à choisir les revues dans cette optique en fonction de leur politique affichée, et à bien lire les formulaires de « transferts de copyright » proposés.
    Afin de responsabiliser scientifiquement les auteurs, le retrait des documents déposés n’est pas accessible en archives ouvertes. En revanche, il est possible de faire évoluer un texte en déposant des versions successives, qui seront toutes automatiquement datées. Le serveur Hal permet aussi de déposer des mémoires de thèses et d’habilitation, dans son environnement spécifique TEL. Dans ce cas la responsabilité scientifique du contenu est celle du jury de l’université qui a délivré la thèse.

3.2- Quelles publications sont concernées par HAL ?

  • les articles de revues scientifiques et techniques à comité de lecture,
  • les communications avec actes édités et recueils d’actes édités,
  • les thèses et HDR,
  • les ouvrages ou chapitres d’ouvrages scientifiques et techniques,
  • les rapports scientifiques et techniques,
  • des mémoires d’élèves (selon avis de l’encadrant Irstea),
  • des fiches techniques.

3.3- Types des dépôts :

  • Document en texte intégral dont le (ou les) fichier(s) seront téléchargés sur Hal.
  • Référence bibliographique (notice), qui contient les références de publication d’un article, livre, etc. publié, mais pas le texte intégral. Il est préférable (mais pas obligatoire) de l’enrichir d’une adresse DOI.

4- Quelques conseils pour faciliter le dépôt des publications : (voir site de la DAJ du CNRS)

  • Vérifiez que le document n’est pas confidentiel
  • Assurez-vous de l’accord, pour le dépôt dans l’archive, de vos coauteurs et autres contributeurs (photographes, illustrateurs, autres auteurs…).
  • Si votre document n’a pas été confié à un éditeur ou à un diffuseur : Vous êtes libre de le déposer mais en cas de projet ultérieur de publication, pensez à informer votre éditeur de ce dépôt.
  • Si votre document a été confié à un éditeur ou à un diffuseur :
  • Si aucun contrat écrit de cession de droits n’a été conclu, Vous êtes libre de le déposer après la première publication. Néanmoins dans le cadre d’une relation loyale, informez votre éditeur.
  • Si le contrat conclu n’a pas prévu la cession exclusive des droits pour tous supports ou pour les supports électroniques =>Vous êtes libre de le déposer.
  • Si le contrat a prévu la possibilité de diffuser le document en accès ouvert après un certain délai =>Vous êtes libre de le déposer passé le délai.
  • Si le contrat a prévu la cession de vos droits à titre exclusif pour tout support, ou pour le seul support électronique, pour la durée de la protection légale : Contactez votre éditeur pour obtenir son autorisation écrite pour le dépôt, en vous appuyant sur sa politique actuelle en matière de libre accès diffusée sur son site, ou sur les sites dédiés à ces questions : pour les éditeurs, pour les journaux.

Un grand nombre d’éditeurs internationaux autorisent désormais l’archivage en libre accès des publications par les auteurs : optez pour l’un d’entre eux.

Les contrats qui vous sont transmis par les éditeurs sont très importants : lisez-les avec attention avant de signer votre cession de droit.
En cas de besoin, n’hésitez pas à négocier la possibilité de déposer votre publication en archives ouvertes :

en cédant les droits sur votre document à titre non exclusif,
à défaut… en conservant les droits sur le format numérique du document
à défaut… en conservant le droit d’archiver la publication, sans délai ou après délai,
à défaut… en conservant le droit d’archiver la prépublication

Pour cela, précisez clairement l’intégralité des droits cédés et les limites de votre autorisation (durée, supports…), en faisant introduire des clauses spécifiques sur vos droits d’archivage, selon l’exemple suivant :

« L’auteur cède à titre exclusif le droit d’exploitation commerciale sur support imprimé …. mais conserve le droit d’archivage numérique de l’œuvre, en libre accès [immédiat / différé de … mois après publication], pour un usage non commercial, ce droit [incluant / n’incluant pas] le dépôt du PDF de l’éditeur. » / ”The author hereby assigns the exclusive right of commercial use on a printed medium… but shall retain the right to digitally archive the text of his/her work, with open-access [immediate / deferred by … month(s) subsequent to publication], for non-commercial use, with said right [including / not including] the editor’s PDF file”.

Conservez l’ensemble de vos accords écrits ou électroniques avec les éditeurs pour garder la connaissance des droits que vous avez cédés et/ou conservés pour chacune de vos publications.


5- Pourquoi déposer dans Hal ? :

Hal offre :

  • un point d’accès unique pour toute la communauté scientifique
  • des données disponibles, consultables et extractibles
  • une mise en ligne rapide des résultats de sa recherche
  • une meilleure diffusion des travaux scientifiques : accès au texte intégral et à des documents non-publiés (communications, séminaires, documents de travail)
  • une visibilité élargie pour les chercheurs : présence sur Google et Google Scholar
  • une augmentation du taux de citation (d’après les dernières études, un article en libre accès est 5 fois plus cité qu’un article dans une revue papier)
  • une datation des travaux de recherche : attribution d’un numéro unique pour chaque document avec une date certifiée (paternité du document)
  • un archivage à long terme, avec pérennité des documents, stabilité des formats et des URL (citation stable dans un autre travail)
  • une gestion des listes de publications